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L'enfance de Cloclo - Partie 1
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Tout commence sur les rives du Canal de Suez, sur les bords du lac Timsah en plein coeur de l'Egypte. La vie s'écoule, paisible, sous un ciel toujours bleu. Le temps ne semble pas avoir de prise sur les choses et les êtres, nous sommes en 1939. Pourtant, les bruits de la guerre qui gronde en Europe ne parviennent pas encore jusqu'ici, l'Europe c'est si près et si loin à la fois. A Ismailia, la compagnie du canal de Suez demeure l'une des plus importantes industries de la région. Elle met à la disposition de ses employés, qui constituent de petites colonies vivant en vase clos, de superbes villas dans des quartiers qui leurs sont spécialement réservées. Au départ, Adolf François, le grand-père de Claude françois, est venu s'établir à Ismailia au début du siècle dernier laissant derrière lui sa ville de Lyon dont il était originaire. Il occupait un poste d'ingénieur à la compagnie du canal de Suez jusqu'à la fin de sa vie puis son fils Aimé François, né à Ismailia, prend la relève en qualité de sous-chef de la gare du réservoir de cette même compagnie. Aimé François a épousé Lucia le 15 avril 1932, une belle italienne de Calabre au tempéramment volcanique. De leur union naît un premier enfant : Marie-Josée. Trois ans plus tard, Lucia François est sur le point de donner naissance à un second enfant. Ainsi le 1er février 1939, à 6h05, Claude Marie Antoine François pousse son premier cri, provoquant du même coup la fierté de ses parents. Les François donnent aux yeux de tous l'exemple d'une famille unie et heureuse. Claude, petit ange blond aux yeux bleux, vit les premières années de sa vie dans la quiétude de l'aisance dorée de cette maison cossue située au bout d'une avenue bordée de palmiers dans ce quartier privilégié d'Ismailia. Il est choyé par ses parents et sa grande soeur Marie-Josée, qui se fait désormais appeler "Josette", car le petit Claude n'arrive pas à prononcer correctement son prénom. Mais dans ce paradis ensolleillé, les bruits de la guerre se rapprochent et Ismailia est bientôt bombardée par les Allemands. La villa des François est détruite, Claude et sa soeur Josette s'installeront chez leur grand-mère paternelle qui possède une maison dans le centre ville d'Ismailia. L'Histoire est en marche, Lucia et Aimé François sont loin de se douter que leur fils deviendra en France, bien des années plus tard, l'idole de plusieurs générations.
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L'enfance de Cloclo - Partie 2
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1944 : en Egypte, à Ismailia, après les bombardements, une nouvelle vie commence véritablement pour le petit Claude. Loin des quartiers cossus d'Ismailia, il s'épanouit désormais dans les rues du centre ville où se concentre plutôt une population pauvre. Il se lie d'amitié avec d'autres gamins de son âge, pour la plupart, des gosses de la rue : des Grecs, des Maltais, des Italiens et des Arabes. Claude, les cheveux blonds coupés en brosse courte, s'amuse, rit, crie et pleure au milieu de tous ces enfants issus de milieux populaires, ces mêmes enfants que les gens de sa classe ignorent. Tout ce petit monde n'en finit pas de gambader à travers le dédalle des ruelles, sur les terrasses des maisons où ils choisissent d'établir leur quartier général. La maison de sa grand-mère est entièrement blanche comme toutes celles de la ville. Un grand balcon surplombe le trottoir sur toute sa largeur. La plupart de ces maisons était construite sur le même modèle aux alentours de 1864 à l'époque du début des travaux du percement du canal de Suez par Ferdinand de Lesseps. Claude passera la partie la plus exaltante de son enfance dans la maison de sa grand-mère. En compagnie de ses petits copains egyptiens, il reste des heures entières assis sur un coin de trottoir a taper sur des taraboucas, ces petits tambours faits d'une jarre de terre et d'une peau de mouton tendue. Dès son plus jeune âge, Claude François s'imprègne donc des mélodies orientales et acquiert ainsi un solide sens du rythme ayant pour maitres ses copains egyptiens, véritables virtuoses du genre. Très agile également, le jeune Claude adore grimper tout en haut des mats des feloucs, ces fameuses barques égyptiennes, et plonger dans la Mer Rouge. En ce temps là, les plages étaient divisées en plusieurs parties, une réservée aux Français, une autre aux Anglais puis enfin celle attribuée aux Egyptiens. Chacune des plages est délimitée par des barbelés qui s'étendent jusqu'à la mer. Claude et ses copains snobbent ces clivages imposés par les grands et s'infiltrent avec agilité sous l'eau pour atteindre les autres plages. A cette époque, Aimé François a attribué un diminutif à chacun des membres de sa famille. Josette devient "Jojo", Lucia "Lulu" et Claude "Cloclo". Hélas, les choses ont une fin. Claude est à présent en âge d'aller a l'école. Les seules écoles françaises en Egypte sont essentiellement religieuses. Aimé François inscrit donc son fils chez les frères bretons de Ploërmel ; Josette, elle, fréquente depuis trois ans l'institution des soeurs de Saint Vincent de Paul. Etant muté a Port-Thewfik, l'un des faubourgs de Suez réservé aux employés de la compagnie, a l'extrémité sud du canal, Aimé François décide que Claude restera en pension chez les frères de Ploërmel. La vie de Claude subit un changement radical : fini le temps des bandes de copains gambadant dans les rues d'Ismailia. Il doit désormais s'accoutumer aux règles sévères de la vie en internat. Il y comprend enfin tout le sens du mot "discipline", étrangement il n'en éprouvre aucun déplaisir. Son statut de pensionnaire l'oblige à se consacrer entièrement à ses études, plus question pour lui de s'évader, il devient un élève modèle. Aimé François, sous un calme apparent, demeure un homme sévère et intransigeant : il inscrit son fils Claude à des cours de violon. Ce dernier déteste cet instrument, lui préférant de loin la tumba, la batterie ou encore les percussions. Ses week-ends, il les passe à réviser ses cours, a faire du volley ou du foot sans oublier son solfège. Le jeune Claude est également louveto dans l'équipe de scouts du collège. La période des grandes vacances est pour lui le seul moment où il peut réellement déconnecter avec la vie d'interne, la famille François revenant tout les deux ans sur le térritoire français, plus particulièrement à Vichy où Aimé François effectue régulièrement des cures. En 1954, Claude a 15 ans, et après avoir obtenu son brevet, il quitte l'institution religieuse pour s'inscrire au lycée français du Caire en qualité d'externe. Il trouve rapidement une chambre à louer dans une pension de famille dirigée par une vieille dame d'origine italienne. Il prend enfin goût à la liberté. La petite pension de famille étant située juste en face des studios de radio du Caire, Claude y passe la plus grande partie de son temps pour écouter en avant première les disques en provenance de France ou des Etats-Unis. Le 19 mars 1955, le jeune Claude, très sportif, doué pour la course à pieds et la course de fond, gagne la coupe interscolaire d'Egypte et c'est le Colonel Nasser en personne qui lui remet la médaille. Durand la même période, il connait ses premières aventures sentimentales et conquiert très vite le coeur d'une jeune italienne. Cette même année, Claude fonde un orchestre avec quelques camarades de classe, délaissant ses études, il décroche tout de même sa première partie de bac. Recalé en juin pour la seconde partie, Claude s'apprête a réviser sérieusement pendant les grandes vacances afin de repasser son bac au rattrapage de septembre. Mais le destin guette et décidera autrement de l'Histoire du jeune Claude.
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L'exil
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Le 14 juillet 1956, après avoir fêté la fête nationale avec ses copains, le jeune Claude François remarque que les rues du Caire sont pleines de soldats. Un mois plus tard, Claude et sa famille quittent l'Egypte en catastrophe pour la France, abandonnant la totalité de leurs biens sur place. Le bateau qui les emmène arrive au Havre. Très vite les François rejoignent Paris, et dans l'attente des secours du gourvernement français, la famille François s'installe dans un hôtel du 18ème arrondissement. Ne pouvant s'habitués à la grisaille parisienne, ils rejoignent Josette quelque temps après à Nice. Cette dernière, mariée depuis deux ans, s'est établie sur la Côte d'Azur avec son mari. Après de longues semaines d'attente au siège de la compagnie du Canal de Suez, rue d'Astorg à Paris, une prime de réinstallation est enfin attribuée à Aimé François lui permettant de faire l'acquisition d'un appartement à Monte-Carlo. Il s'y installe avec Lucia et Claude. Mais Aimé François a perdu le goût de vivre, il se sent de plus en plus déraciné, l'argent devient de plus en plus rare et les François connaissent une grand période de misère dorée. Aimé ne trouve pas un emploi en fonction de ses compétences et en souffre terriblement, sa santé en subit le contre coup. Très vite le jeune Claude est engagé dans une banque, mais ce poste trop sédentaire a son goût ne lui convient pas. Aussi forme-t'il avec quelques copains, un petit orchestre amateur dans lequel il joue de la tumba. Au court d'un spectacle, on lui demande de remplacer un batteur défaillant dans un groupe professionnel, et non des moindres, puisqu'il s'agit de la formation de jazz de Barney Wilen. Claude, qui ne possède pourtant aucune expérience en la matière, parvient a se faire remarquer. Aussitôt on lui propose un emploi de batteur dans l'orchestre de Radio Monte-Carlo, mais Claude n'est pas arrivé au bout de ses peines. Il lui faut travailler d'arrache-pied, du matin au soir, pour pouvoir maîtriser parfaitement la batterie. Peut importe, il est heureux et en phase avec lui-même. Ce travail qu'il aime est de surcroît bien rémunéré et lui permet de subvenir au besoin de sa famille. Mais quand il annonce a son père qu'il ne souhaite plus passer son bac, mais devenir musicien a plein temps, c'est le drame. Aimé François ne peut admettre que son fils soit un artiste, cela ne s'est jamais vu dans la famille et la discussion entre le père et le fils est orageuse, son père refuse définitivement que son fils soit un saltimbanque. Claude reste sur ses positions et ne démord pas de ses objectifs. Fou de colère, Aimé François le chasse et le renie. De ce jour, Claude et son père ne se parleront plus. Malgrès les supplications de sa femme et de sa fille, Aimé François de revient pas sur sa décision. Dès lors, Claude loue une petite chambre de bonne. Sa mère, qui l'a surnommé "Chouffa" affectueusement, lui apporte secrètement des gateaux qu'elle a confectionnés ainsi que des fruits et de la viande. Les mois ont passé, Claude et son père ne se sont toujours pas réconciliés. Claude souffre énormément de cette séparation qui accroit en lui le désir de réussir, de vaincre, d'être le meilleur. Pour mieux oublier ce drame familial, Claude s'investit à fond dans son unique passion : la musique. Ses bases solides en la matière lui permettent de s'inscrire au cours supérieur de l'Académie Nationale de Musique. Peu de temps après, Claude est engagé par Louis Frezio dont la formation musicale fait les beaux soirs du casino de Monte-Carlo. Les comptétences de Claude lui permettent de multiplier les emplois au sein de cet orchestre que ce soit a la batterie ou au tumba. Il fait ensuite partie de l'orchestre de Marcel Bianchi, à Juan les Pins. C'est là qu'il fera ses débuts de chanteur en reprenant tous les soirs des titres comme "J'aime Paris au mois de mai" de Charle Aznavour ou "Mustafa" de Bob Azam. Il retourne ensuite chez Louis Frezio mais cette fois-ci en qualité de chanteur. Là, au cours d'un gala auquel il participe, il rencontre Janet Woollacott, une danseuse anglaise dont il tombe littéralement amoureux. Du même coup, Claude d'ordinaire plutôt coeur d'artichaut passant d'une conquête féminine à une autre, semble transformé par cette rencontre. Aussitôt il décide d'épouser Janet. Chouffa, la maman de Claude ne parait pas hostile a ce mariage. Janet lui inspire une grande confiance et de voir son fil heureux la comble de joie. AUssi le 5 novembre 1960, Claude et Janet s'unissent pour le pire et le meilleur à la mairie de Monte-Carlo en présence des parents de Janet venus tout spécialement de londres pour cette occasion. Aimé François est venu aussi, Chouffa réussit a le convaincre pour qu'il assiste a cette journée placée sous le signe de la joie. Aimé François exaucera la volonté de sa femme et de sa fille presqu'à contre coeur et le jeune marié en sera bien conscient. Mais depuis sa rencontre avec Janet, Claude est transformé, celle-ci semble lui apporter un certain équilibre. Il quitte sa chambre de bonne pour emménager dans un grand studio. Tous deux voudraient avoir un enfant mais il préfère attendre encore un peu car ils ne sont pas encore en mesure matériellement de pouvoir l'élever. Progressivement, il amènage leur studio. Claude a installé le fameux perroquet que son père lui a offert à leur arrivée en France pour consoler d'avoir dû laisser le sien dans la précipitation de leur départ d'Egypte. D'autres oiseaux viendront tenir compagnie au perroquet, Claude ayant pour eux une véritable passion qui durera toute sa vie. Son travail au sein de l'orchestre de Louis Frezio lui apporte toutes les satisfactions qu'il pouvait espérer, chaque soirée lui rapporte neuf mille anciens francs. Le succès de l'orchestre de Louis Frezio se confirme tous les soirs. Claude conscient de cet état de fait réclame tout naturellement une augmentation à Louis Frezio, soit quinze mille anciens francs par soirée. Ce dernier lui refuse sèchement cet avancement et, fou de colère, Claude part en claquant la porte. Un soir, alors qu'il se trouve dans une boite très à la mode de Saint-Tropez, Claude rencontre Brigitte Bardot. Après avoir longuement discuté avec elle, il lui apprend à danser la bossa nova. Conquise, Brigitte Bardot le couvre de compliments et lui conseille de monter a Paris pour y tenter sa chance, persuadée qu'il sera là bas une grande vedette.
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L'arrivé à Paris
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Nous sommes en 1961, CLaude François décide de partir pour Paris en compagnie de Janet, son épouse. Arrivés dans la capital, aux premiers jours de septembre, il leur faut tout recommencer à zéro. Si Janet, danseuse de formation, n'a pas trop de difficultés a trouver du travail, en revanche pour Claude il n'en sera pas de même. Tandis que Janet décroche un engagement, Claude connait ses premières déceptions. Mais sa confiance et sa foi sont inébranlables, il n'hésite pas a prendre des cours de danse pour mieux compléter sa formation de musicien-chanteur. Dans un même temps, il rencontre des jeunes musiciens de son age passionnés comme lui de jazz, ensemble ils décident de former un orchestre de twist madison très proche du jazz traditionnel. Le groupe s'appelle les "Gamblers" avec pour leader le très séduisant Olivier Despax. Cette jeune formation joue tous les soirs au "Caramel Club", une boite branchée du quartier de l'Etoile à Paris. Dès lors Claude hante les studios d'enregistrement et les bureaux des directeurs artistiques dans l'espoir d'échaper aux conditions de chanteur d'orchestre. Il habite, avec Janet, dans un petit appartement de la rue Veron à Paris, un quartier de nuit bruyant pour musiciens, danseuses et stripteaseuses. A présent, Claude n'a qu'une idée en tête : enregistrer un disque sous son propre nom. Un arrangeur de la radio de Cologne et petit ami de Josette sa soeur, présente a Claude le directeur artistique de chez Fontana, Jean-Jacques Tilché. Ainsi le 16 septembre 1961, le puissant et infulant Jean-Jacques Tilché auditionne le jeune Claude François. Ce jour là, Claude est très intimidé malgrès sa volonté, son esprit et sa rage de réussir. Après avoir écouté une maquette de quatre titres réalisée par Claude, Jean-Jacques Tilché n'est pas très emballé. Il lui recommande d'aller voir les nouveaux talents d'aujourd'hui dont le déjà célèbre Johnny Hallyday. Ce n'est qu'un mois plus tard, lorsque Claude François revient avec un titre, "Le Nabout Twist", que toute l'équipe de Fontana décide de produire ce débutant prometteur et lui font signer un premier contrat d'enregistrement. Claude a choisi le pseudo de "Kôkô", la pochette est prète en quelques jours, un simple graphisme avec les titres, les paroles sont en arabe et le disque sort rapidement. Une deuxième version en français du "Nabout Twist" est alors enregistrée sur les conseils de la maison de disque, d'ailleurs Nicole Croisille et Hugues Aufray, les amis du caramel Club participent a l'enregistrement dans les choeurs. Compte tenu du contexte marqué par la fin de la guerre d'Algérie et malgrè les efforts promotionnels et commerciaux, le succès n'est pas au rendez-vous. Histoire de vivre ou plutôt de survivre de son métier et avec la complicité de Nicole Gruyer, l'assistante de Jean-Jacques Tilché, il participe volontiers a de nombreuses séances d'enregistrement pour d'autres artistes confirmés. C'est d'ailleurs Claude François lui même qui jouera des percussions sur plusieurs disques des Los Machucambos dont le célèbre succès "Pepito". Dès le mois de juin 1962, Claude se retrouve seul, sans argent et abandonné par son épouse qui vit depuis une belle histoire d'amour avec l'idole Gilbert Bécaud. Triste et désespéré, Claude rejoint alors Olivier Despax et ses Gamblers à Saint-Tropez pour faire la saison d'été au Papagayo comme musicien percussionniste. Nous sommes en 1962, l'époque "Yéyé" est au sommet : Johnny Hallyday, Richard Anthony, Françoise Hardy, Sylvie Vartan, Pétula Clark Sacha Distel et Brigitte Bardot sont désormais leaders de toute une génération. Un public qui se prépare déjà, inconsciemment à accueillir dans quelques semaines l'une de ses futurs idoles : Claude François.
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A l'assaut des hits-parades
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A la rentrée 1962, de retour à Paris, Claude François signe un contrat de 7 ans avec les disques Fontana. Le triomphe ne tarde pas a arriver grace a l'adaptation d'un tube américain "Girl Girl Girl". Cette chanson devient en français "Belles ! Belles ! Belles !". C'est Claude et une célèbre parolière, Vline Buggy, qui sont a l'origine de cette traduction. Le disque 45 tours sort le 25 octobre 1962 et après un démarrage plutôt discret, "Belles ! Belles ! Belles !" est plébicité dans la célèbre émission de Daniel Filipacchi, "Salut les copains" sur Europe 1. Dès lors Claude François ne tarde pas a rejoindre le cercle des idoles. Il participe a de nombreuses émissions de télévision ce qui permet au public de découvrir ses talents scéniques. Un jeune réalisateur, Claude Lelouch, tourne le premier scopitone à Chamonix, dans la neige, au milieu de superbes jeunes filles légèrement vétues. Nous sommes à la fin de l'année 1962, et Cloclo est en train de devenir une grande vedette. Il choisit alors comme impresario débutant Paul Lederman. Après son premier passage a l'Olympia le 18 décembre 1962, en première partie de Dalida et des Spoonicks, il retouve la scene de ce célèbre music-hall le 5 avril 1963 au cours d'un spectacle consacré aux idoles des jeunes. Marlène Diétrich, présente ce jour là, restera sous le charme du jeune et bondissant Claude François.Il s'en suit une tournée d'été aux cotés de Sylvie Vartan et des Gam's. En octobre 1963, il sort un nouveau 45 tours sur lequel se trouve l'un de ses plus grand succès "Si j'avais un marteau", qui restera plusieurs semaines numéro 1 des hits parade et des ventes de disques en France. Avec son look de jeune étudiant BCBG, Claude devient très vite la figure amblématique de toute une génération et les tournées ses succèdent au rhytme de ses succès : "Marche tout droit", "Pauvre petite fille riche", "Dis-lui", "Si tu veux être heureux" et tant d'autres. Le 29 octobre 1963, après un musicorama spécial auquel il participe a l'Olympia, il fête sa première année de carrière et reçoit des mains de Maurice Biraud ses deux premiers disques d'or pour deux millions de disques vendus en France. Avec ses premiers cachets il achète un appartement au 46 du boulevard Exelmans dans le 16ème arrondissement de Paris qui vient d'être le théatre d'un drame que Claude ignore alors. En effet, quelques mois auparavant, la jeune femme de l'ex-propriétaire, en dépression nerveuse, venait de se donner la mort en s'ouvrant les veines dans la baignoire. Quelques temps plus tard Claude François achètera également un vieux moulin a Dannemois près de Milly la foret. Cet endroit deviendra vite la ferme du bonheur où il installera, sa soeur et sa mère qui retrouveront dès lors le luxe et la sénérité de la vie en Egypte.
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La ferme du bonheur
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C'est au printemps 1964, après bien des recherches, que Claude François trouve la maison de ses rêves. Elle appartient alors a un couple de phamaciens, Monsieur et Madame Michelat, installés dans le village voisin de Courances. L'heure de la retraite ayant sonné ce couple décide de vendre sa propriété pour partir s'installer dans le sud de la France. Claude qui cherche depuis quelque temps un havre de paix aux portes de Paris, entend parler de cette vente. Dès la première visite il a le coup de foudre pour cet ancien moulin a grains. Situé a moins de 60 km de Paris, près de milly la foret, il est facile d'accès par l'autoroute du sud depuis l'appartement parisien du chanteur. L'endroit, empreint d'histoire, fascine d'autant plus Claude car quand on nait en Egypte on sait apprécier la magie des lieux millenaires. Ce moulin a été construit au 12ème siècle, appartenant au Seigneur de Dannemois, il sert à alimenter le fief en farine, endroit stratégique du système féodal, ce moulin a grains est déjà au moyen age un haut lieu de la seigneurie de Dannemois. Légende ou réalité, la petite histoire raconte que Jeanne d'Arcq, au 15ème siècle y fit étape 3 jours, sans doute pour s'y restaurer en se rendant a Chinon à la rencontre de Charles VII. Il n'en faut pas plus pour que Claude François décide d'acheter cette propriété pour un peu moins de 46 000 euros d'aujourd'hui. Véritable dommaine, elle s'étend sur 500m² habitables et 3 hectares de terrain traversés par une rivière baptisée "l'école" qui regorge de truites. La promesse de vente est signée avant la tournée "l'été frénétique" de l'été 1964 et se concrétise sur le papier le 18 septembre de la même année. Pour Claude, le déraciné, ce jour restera un des plus beaux de sa vie. Il savoure a ce moment là une nouvelle revanche sur le destin. Très vite, il décide d'entreprendre des travaux pharaoniques afin d'embellir son domaine. Il sait exactement ce qu'il veut et ce qu'il faut pout transformer son moulin en un univers de rêves et de détente. Et pour cela il ne lésine pas sur les moyens, rien n'est trop beau pour son paradis. Homme de gout, Claude François a le sens du raffinement, il meuble le moulin avec des pièces anciennes qu'il achète lui même chez les antiquaires, il mélange le mobilier style renaissance espagnole avec des meubles contemporains et confie a l'architecte Gabriali la restauration intérieure et extérieure des batiments. Statut d'idole oblige il se fait également construire une piscine hollywoodienne dont il peut admirer chaque matin de sa chambre la forme du bassin en forme de palette de peintre. En hiver, quand il gèle, Cloclo fait tourner la roue du moulin pour que la glace la bloque en mouvement. L'eau qui s'écoule des palles se solidifie en stalactite de glace qui scintille le soir a la lumière des projecteurs pour le plus grand plaisir des visiteurs. Loin de la gloire, à Dannemois, Claude François redevient un homme simple qui laisse libre court a ses passions et à ses aspirations. Ce moulin devient très vite un lieu d'exception, chaleureux, envoutant, magique à l'image de la jeune idole de la chanson Française.
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Une vie frénétique
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1964, c'est l'année ou Claude François reçoit trois milles marteaux en référence a sa célèbre chanson et six milles mèches de cheveux pour avoir déclaré un jour "envoyer une photo dédicacée" à toutes celles qui lui écriront dans l'émission "le samedi des copains" sur télé Lille. 1964 c'est aussi l'année où Claude François élimine de sa vie tout ce qui est distraction, diversion et superflu. Jamais il ne prend de vacances et a horreur physiquement de l'oisiveté. Il sait qu'il n'a pas un instant a perdre, Claude François savait qu'un jour il deviendrait célèbre, sa vie n'est pas faite de cabotinage et d'exhibitions, elle est rigoureuse et réglée dans une exigence absolu de perfection. Du samedi 4 juillet au samedi 1er septembre 1964, Claude François part en tournée. Une tournée d'été triomphale qui donnera lieu a un film réalisé par Claude Vernick au titre explicite : "l'été frénétique". Puis du 24 septembre au 14 octobre de la même année, il fait a nouveau l'Olympia, mais cette fois en vedette. Les murs de la capitale sont recouverts d'affiches annonçant l'évenement. Dionne Warwick, Michèle Torr, Pierre Vassiliu et Roger Conte assurent la première partie du spectacle. Au programme tous les tubes et les incontournables succès : "Donna Donna", "Pauvre petite fille riche", "Une petite mèche de cheveux", "je sais", "la ferme du bonheur", "J'y pense et puis j'oublie" et bien sur "Belles ! Belles ! Belles !", "Si j'avais un marteau" et bien d'autres. La presse attendait avec curiosité le passage de Claude François a l'Olympia. Cette année là il bat tous les records de recettes établies par Edith Piaf et Gilbert Becaud. Son dynamisme et la valeur de son répertoire a convaincu même ses détracteurs. Sur scene il chante et danse jusqu'à épuisement, ce qui est unique pour l'époque. A chacune de ses apparitions, Claude François déclenche de véritables hystéries collectives. Les filles deviennent folles, elles hurlent et se jètent sur lui pour l'embrasser et le mordre, le griffer et obtenir de lui un geste, un regard, un mot. Coté coeur, Claude François a une nouvelle admiratrice particulièrement attendrie : France Gall, 17 ans, la fille du parolier et chef d'orchestre Robert Gall. Comme sylvie Vartan attendait Johnny Hallyday dans les coulisses de l'Olympia lorsqu'il chantait, France Gall passe toutes ses soirées à l'Olympia attendant Cloclo. Claude est sous le charme, elle l'est aussi, et cette idylle durera un peu plus de trois ans. France Gall, encore très jeune, refusera de sacrifier sa carrière, pour se consacrer a une vie de famille comme l'aurait vraiment voulu Claude François.
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Le rêve Américain
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Janvier 1965, Claude François part une semaine en reportage photos à Las Vegas avec jean-Marie Perrier pour "Salut les copains". C'est la première fois que Claude fleurte avec les états unis. Sur place durant son séjour il touche du doigt ce rêve américain. Il est fasciné par la magie des shows américains dont il ne va pas tarder a s'inspirer pour ses propres spectacles. De ce séjour, il rapportera également tout un tas de gadgets pour ses amis et collaborateurs ainsi que de nombreuses cassettes d'émissions télévisées. De retour en France, et peu avant la représentation qu'il devait donner a Abbeville en février 1965, Claude François se casse 3 cotes juste avant l'ultime répétition en voulant sauter par dessus la batterie de l'orchestre comme il le fait à l'acoutumée, mais a l'atterrissage trois planches vermoulues ont cédé sous ses pas et le chanteur fut englouti sous le plateau quatre mètres plus bas. Hurlant de douleur, il fut transporté avec précaution par Paul Léderman à la Clinique d'Abbeville et radiographié. Le gala fut annulé et les places remboursées. Pendant l'été 1965, Claude se rend régulièrement a Londres pour enregistrer la chanson "Même si tu revenais", une création originale de Bernard Kesslair, Jacques Chaumelle et Claude François lui même. Il délaisse pour la première fois les studios Parisiens et Christian Chevalier pour enregistrer en Grande Bretagne avec l'orchestre Les Reed. Son but, déjà, est de se faire connaitre ailleurs qu'en France et pourquoi pas aux USA via l'Angleterre. Il n'en n'oublie pas pour autant la France où il reste l'un des artistes qui tourne le plus, il parcourt la France, la suisse, la Belgique dans tous les sens. Au total mille deux cent galas avec au compteur des milliers de kilomètres. Il rentre rarement a Paris sauf pour préparer un disque, faire quelques radios et apparaitre à la télévision. Anxieux, exigeant, tyrannique avec lui même et avec les autres, la personnalité de Claude François se fait sentir sur tout ce qu'il touche, sur tous ceux qui l'entourent. Toutes les jeunes vedettes qu'il a amenées avec lui en tournée ont été plus ou moins influencées par son style de vie, par sa façon de s'habiller, par son language même. Les mulets, les tarès, les patchs sont des expressions qui on étés mises à la mode par Claude François, aussi les vestes étroites, ceintrées à la taille, les pantalons galbés aux mollets légèrement evasés en patte d'ef ont été popularisés, vulgarisés, mis au gout du jour par Cloclo. Inlassable, curieux, cloclo introduit dans le monde de la chanson un mode de travail, une façon d'être, un modèle a suivre. Sa forme de pensée s'est introduite jusqu'a l'élaboration, la construction d'une chanson. Son ecriture est faite d'images simples. D'ailleurs Claude François se plait a dire que s'il n'avait pas été chanteur il aurait été photographe.
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Un nouvel amour (Belle Isabelle)
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1966, c'est l'année où Claude François traverse régulièrement la Manche pour se rendre à Londres et participer aux shows télé de son amie Pétula Clark sur la BBC. Cloclo est persuadé que la capitale Londonienne sert de locomotive au reste du monde, le Pop-art, la mini jupe, carnaby street, les beatles sont au zenith au coeur des années 60. Pour jean-jacques Tilques son directeur artistique depuis presque quatre ans, Claude François a réussi a imposer son mètre soixante et onze et ses cinquante quatre kilos a force de courage, de tenacité et d'orgueil, d'astuce et de travail. Avec son air de jeune homme de bonne famille et et son allure de dandy Claude François est devenu une star de la chanson. Ainsi pendant tout l'été 1966, Claude effectue, comme chaque année, sa tournée a travers la France. Les fans son de plus en plus nombreux, certains n'hésitent pas a faire des milliers de kilomètres en stop pour assister tous les soirs a un concert de leur idole. Désormais, et afin de séduire la gente masculine, Claude François s'entoure sur scene de quatre ravissantes danseuses sexy : Pat, Cynthia, Solange et Siska. Elles seront aussi avec lui, trois mois plus tard à l'Olympia du jeudi 8 au dimanche 25 décembre et ne portent pas encore le nom de Clodettes. Petite anecdote, après avoir accusé Cloclo de pliagiat pour sa chanson "je sais", Charles Trenet se rend même a l'Olympia pour des réconciliations avant l'entrée en scène de Claude François. Sur scène Claude François mène son tour de chant tambour battant avec une technique impressionnante, autour de lui c'est l'abondance : huit musiciens, trois choristes, quatres danseuses, quatre techniciens et deux régisseurs. Son spectacle est court rapide, expédié à une allure d'enfer, il ne dure pas plus de cinquante minutes. Le public crie, scande don nom et en veut encore mais Cloclo est déjà loin quand la salle se rallume. Coté vie privée, le 29 juin 1966, sa soeur Marie Josée François, dite "Josette" epouse Eric Eschenlohr à la mairie de Dannemois. En soirée un diner au Moulin permet de rassemblé trois cent invités et amis autour de la famille. Vie privée toujours, le 13 mars 1967, le divorce de Claude François et Janet est enfin prononcé par jugement du tribunal de grande instance de la seine. C'est également au printemps 1967, que Claude François retouve a Lyon, où il donne un gala, Isabelle Forêt, une jeune danseuse qui trois années auparavant était dans le ballet qui assurait la première partie de son spectacle. L'idole est envoutée, il ne peut resister au charme d'Isabelle, le chanteur est a nouveau subjugué par son visage aux lignes pures, au petit nez retroussé et aux grands yeux bleux. Débutant une carrière de mannequin, c'est une affiche publicitaire pour les camions Berliet sous la neige qui rendra célèbre Isabelle. Cloclo se propose alors de l'aider dans sa jeune carrière. Quelques semaines plus tard, à la demande de Claude François, et avec la complicité de la rédaction "Mademoiselle age tendre", un reportage de mode est vite organisé à Paris. Isabelle répondra présente et cette fois il ne se quitteront plus. Isabelle s'installera à Paris dans un petit studio de la rue Cambacérès puis au Moulin de Dannemois.
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A suivre...
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